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  • Pas si dépassés que ça, les TBI

    Je comprends que pour vendre, il faut de la nouvelle qui frappe. J’ai donc effectivement été frappée par l’article de la Presse ce matin intitulé « Les tableaux interactifs, déjà dépassés? ». Frappée par l’absence de contextualisation!
    J’aime les TBI (et toutes les technologies pour l’éducation!) et une partie de mon travail consiste à aider les enseignants à trouver la juste place de ces outils dans la vie de la classe et à les mettre au service de l’apprentissage. J’ai donc évidemment été interpellée. Et j’aime aussi les mises au point!
    L’article débute par le témoignage d’un acteur du monde de l’édition scolaire, évidemment en faveur de la tablette, extraordinaire support pour le livre numérique! On parle ensuite de l’utilisation du TBI au secondaire (très différent du primaire), visiblement dans un contexte d’enseignement magistral.
    Je suis 100 % d’accord que si l’outil technologique ne sert qu’à l’enseignant, l’iPad est intéressant par sa mobilité. Par contre, le milieu se bat depuis des années pour que les outils technologiques servent d’abord et avant tout aux élèves.
    Situation 1 : l’argent pousse dans les arbres. J’ai le choix entre une classe où tous les élèves ont une tablette, ou bien une classe où il y a un TBI. Je choisis les tablettes, mais j’ajoute un projecteur et une grande surface de projection.
    Situation 2 : l’argent ne pousse pas dans les arbres, et on essaie d’exploiter le plus réalistement et pédagogiquement possible nos ressources. Le gouvernement décide d’investir massivement dans l’achat de tableaux interactifs pour équiper toutes les classes du Québec d’ici quelques années. C’est une action en faveur de la technologie. Comme choix politique, c’est accrocheur! Disons qu’on fait avec!
    Cependant, il est vrai que tant qu’à investir, il aurait été préférable de laisser le choix technologique aux écoles, qui auraient parfois préféré l’achat de tablettes, parfois de portables, parfois de labs informatiques plus récents ou d’autres équipements, comme le TBI.
    On a établi que le rôle du TBI dans une classe se situe principalement au niveau de l’aspect collectif, en groupe, d’une tâche ou d’une situation d’apprentissage (voir la Stratégie des 3-O du Récit MST, que j’affectionne particulièrement). Modélisation, tempête d’idées, organisation, retour en groupe, communication, par exemple.
    De son côté, la tablette (comme le iPad) a un rôle plus actif et devrait être directement dans les mains de l’élève. Pour ajouter l’aspect de groupe, on utilise des outils de partage et de collaboration en ligne.
    Si on veut remplacer le TBI par la tablette, qui n’ont pas les mêmes objectifs, soit on revient à un outil qui est utilisé seulement par l’enseignant ou par un élève à la fois (alerte – enseignement magistral!), soit on achète une tablette par élève. (Et comme je n’aime pas l’absolutisme, je propose 1 tablette par équipe de 4 élèves.) – parenthèse, l’enseignante interviewée à la fin l’indique bien : elle aime utiliser SON iPad pour écrire au tableau pendant que les élèves travaillent individuellement. Donc, c’est SON outil, ce qu’on reproche toujours au TBI!
    L’argument économique tient si on ne prend pas en compte la pédagogie (comme dans bien des cas, même dans le choix d’un TBI, mais ça c’est un autre débat!). Et oui, on a de toutes façons besoin dudit si onéreux projecteur pour que les élèves voient, même avec une tablette! Non sérieusement, ramener les téléviseurs dans la classe?!? ÇA, c’est dépassé!
    Si on tient compte de l’aspect pédagogique, l’argument économique tombe, car il faudrait au minimum une tablette par équipe d’élèves. Dans une classe de 32, à disons 4 par équipe, il en faut 8 + 1 pour le prof, donc 9 x environ 350 $, + un Apple TV. Ça revient donc plus cher qu’un TBI standard selon le programme d’achat (3000 $ incluant le projecteur). (D’ailleurs, projecteur et portable de l’enseignant sont essentiels aux deux configurations à mon avis.)
    Cela dit, 9 iPad dans une classe ou 1 TBI ont des rôles bien différents. Je ne crois pas qu’on puisse parler de désuétude encore! Supporter l’utilisation de 9 tablettes ou d’un TBI en classe, ce n’est pas donné à tous les enseignants non plus. S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est qu’une minorité seulement est vraiment à l’aise avec les technologies. La preuve, l’une des questions qui revient le plus souvent en formation, c’est « Comment et où enregistrer mes documents? »…
    Au lieu d’essayer de trouver un coupable (le TBI a le dos très large…), pourquoi ne pas plutôt sensibiliser le gouvernement à l’importance de laisser le choix de la technologie?
  • TBI ou TNI? Je préfère TBI et voici pourquoi…

    Dans le milieu éducatif, on rencontre presque autant l’expression « tableau blanc interactif » (TBI) que « tableau numérique interactif » (TNI). L’expression que je préfère personnellement est TBI. En effet, le tableau interactif n’est pas, à mon sens, numérique.

    Voici la définition de l’adjectif « numérique » tel qu’indiqué dans le dictionnaire Le Robert :
    « Techn. : Se dit de la représentation de données, de grandeurs physiques au moyen de caractères tels que des chiffres (opposé à analogique), ainsi que des procédés utilisant ce mode de représentation (recommandation officielle). Se dit d’un appareil recourant à ce type de représentation. Caméra, appareil photo, téléviseur numérique. »
    Le tableau blanc interactif moyen installé dans une salle de classe n’a rien de numérique. C’est simplement une surface sur laquelle on projette une image via un projecteur et qui réagit à la pression ou au contact d’un dispositif en forme de stylet. Les vrais tableaux numériques ressemblent à des téléviseurs et ne sont pas à la portée financière de nos écoles (tout comme les tableaux interactifs actuels, diront certains, mais c’est un autre débat!).

    Certains questionnent aussi l’emploi du terme « interactif » dans la dénomination de l’outil. Le tableau lui-même n’est pas interactif, disent-il, c’est l’utilisation qu’on en fait qui le rend interactif. Malgré tout, je me réfère encore une fois la définition du dictionnaire Le Robert pour justifier le terme :
    « Cour. : Qui permet à l’utilisateur, au public d’intervenir. »
    Et vous, quelle appellation privilégiez-vous? TBI ou TNI? (ou autre?)
  • Former au TBI, mais former à l’utilisation des TIC aussi

    L’une des clés de la réussite de l’implantation de tableaux interactifs dans les salles de classe à tout niveau est certainement la formation des enseignants. Les enseignants doivent être formés pour savoir comme fonctionne l’outil bien sûr, mais surtout pour comprendre quel peut être son rôle dans la classe. Cependant, selon mon expérience, la venue d’un TBI dans une classe ne fait que mettre en lumière un fait encore plus alarmant : nos enseignants manquent de formation à l’utilisation de l’ordinateur en général.

    Je rappelle ici qu’un TBI n’est techniquement qu’un écran d’ordinateur géant sur lequel on agit avec le doigt ou un stylet-souris. Il est livré avec un logiciel en prime. Voilà tout.

    Il n’est donc pas normal qu’un outil de ce genre dorme dans un coin « parce que l’enseignant n’a pas eu sa formation ». Si l’enseignant n’ose pas y toucher, c’est qu’il a peur de l’ordinateur en général ou qu’on lui a mal présenté ce qu’est-ce un TBI.

    Après une formation, de telles questions ne devraient plus surgir dans la tête des utilisateurs :
    « Est-ce que ce logiciel est compatible avec le tableau? »
    « Comme je fais pour mettre un fichier Word sur mon tableau? »
    « Pourquoi est-ce que mon tableau se décalibre tout le temps? »
    etc.

    Une fois qu’on surmonte la barrière de l’ordinateur de façon satisfaisante, voici les trois volets que je préconise pour maximiser la relation entre une classe et son TBI!

    1- Apprendre à faire fonctionner le TBI
    Trop de formateurs s’arrêtent encore à montrer uniquement « comment faire » avec le TBI. Bien entendu, c’est la première étape! Branchez ces fils ici, calibrez le tableau en cliquant là, appuyez pour faire un clic gauche et faites le clic droit ainsi. Voilà, vous savez maintenant comme fonctionne un TBI.

    2- Explorer le logiciel livré avec le TBI
    Le deuxième volet d’une formation efficace est l’exploration du logiciel qui vient avec le tableau (aussi appelé tébéiciel). C’est ce logiciel qui permet de prendre des notes et d’enregistrer le travail. Comme tel, il n’est pas bien différent dans son essence qu’un PowerPoint mêlé à un logiciel de dessin, sauf pour l’importance accordée aux objets manipulables. Selon les fabricants, on y ajoute des fonctionnalités uniques, des gadgets permettant de créer des activités automatiquement, des objets utiles en éducation comme une règle, des images en 3D, etc. On peut prendre quelque temps pour explorer ses options qui seront les plus utiles au quotidien.

    3- Intégrer le TBI à la vie de la classe
    Le dernier volet est celui qui est plus souvent passé outre. Comment intégrer l’outil TBI dans une stratégie plus large d’utilisation des technologies en classe? Comment éviter le piège de la sur-préparation (pour certain, bien utiliser le TBI signifie préparer tous ses contenus dans le logiciel d’avance, donc représente une surcharge de travail énorme)? Comment surmonter la peur de laisser le TBI entre les mains des élèves ou d’avoir l’air incompétent? Comment ensuite sélectionner les ressources éducatives qui seront mises en valeur sur le TBI? Voilà qui est bien plus important que de savoir comment changer la largeur du contour d’un triangle dessiné sur le TBI à mon très humble avis!

    4- L’enrichissement…
    Je crois qu’on peut ajouter un quatrième volet en guise d’enrichissement. Quand l’enseignant comprend bien le rôle que peut jouer le TBI dans sa classe, il peut avoir envie d’investir du temps à préparer des parties de leçons à l’aide du tébéiciel. Alors, une bonne formation à la création de contenus et au partage des ressources dans un esprit de réseau permet de boucler la boucle. En présence d’une personne qui maîtrise le tébéiciel, les enseignants ont la possibilité de découvrir les options plus avancées et les techniques de création de contenu. Enfin, il ne faut pas oublier de les sensibiliser à l’importance de partager leurs créations, même si elles ne sont pas parfaites à leurs yeux…

    Quelques anecdotes de formatrice TBI…

    – Je me suis déjà présentée dans une école pour donner une formation devant 25 enseignants qui venaient de recevoir un portable tout neuf. J’ai passé 3 h à leur montrer sur quel bouton appuyer pour monter ou baisser le volume et à leur demander de cesser de changer leur fond d’écran au lieu de m’écouter. Après discussion avec la direction, nous avons convenu qu’il fallait d’abord et avant tout une séance de formation à l’ordinateur plutôt qu’au TBI.

    – Alors que je présente dans un congrès des ressources qu’il est possible d’acheter pour le logiciel du TBI, une dame me dit gravement « Oui, mais moi je n’ai pas ça sur mon écran! ». On ne peut pas s’attendre à ce qu’une utilisatrice soit confortable et à l’aise devant sa classe si elle ne comprend pas la notion d’ouvrir un fichier dans un logiciel.

    – Un jour, une de mes formations se conclut en déception générale lorsque j’annonce qu’il est encore relativement difficile de trouver des fichiers de leçons montés par d’autres enseignants. Ils ont peut que ce ne soit pas « assez beau » pour être partagé. Quelques mois plus tard, je croise ces mêmes participantes déçues qui m’annoncent la création d’une communauté de partage exclusive pour leur école. Je leur demande pourquoi il ne l’ouvre pas au monde entier? Et elles me répondent « Hé bien, nous mettons tellement de temps sur ces fichiers que nous ne voulons pas les donner comme ça! ».

    Au plaisir de vous lire sur votre vision de la formation TBI!

  • Pédagogie inversée : des résultats scolaires nettement supérieurs

    Source : Stock Xchng

    Au Calhoun Community College, en Alabama, les étudiants sont responsables de connaître la matière avant d’arriver en classe. Sur place, ils travaillent ensemble sur des projets leur permettant de progresser dans leurs apprentissages, tout en menant des discussions significatives avec l’enseignant. Bienvenue à l’ère de la pédagogie inversée!

    Le concept de pédagogie inversée est très populaire ces temps-ci. L’idée a notamment fait du chemin avec la popularité grandissante de la Khan Academy, un espace Web qui fait la promotion de l’apprentissage libre et gratuit pour tous. Au Calhoun Community College, c’est la réalité de plusieurs groupes. Le modèle a été présenté à l’occasion d’une conférence Web organisée par eSchool News, un site américain d’information en éducation.

    Je vous invite à lire la suite de mon article tel qu’il a été publié le 22 mars sur l’Infobourg.

  • Développer du contenu pour les TBI ou pour les tablettes?

    Le manufacturier de tableaux interactifs SMART Technologies a publié récemment une intéressante capsule expliquant aux créateurs de contenus les différents points à considérer lorsqu’ils prennent la décision de créer pour les tableaux interactifs, pour les tablettes ou pour les deux supports.

    La vidéo peut être visionnée ici.

    Cependant, comme elle est en anglais, je vous résume ici les principaux points. Les éditeurs doivent souvent faire le choix d’investir dans la création de contenu pour TBI ou pour tablette, ou pour les deux. Il y a cependant des choses importantes à considérer pour guider son choix.

    Outil de groupe vs outil individuel
    Dans une même période de classe, l’enseignant utilise des méthodes d’enseignement en groupe classe, en petits groupes ou individuelles. Parfois, les élèves doivent collaborer, parfois, ils doivent accomplir des tâches seuls. Il est important de comprendre que les tableaux interactifs sont des outils de groupe alors que les tablettes sont des outils individuels.

    Le but du TBI : interaction, collaboration, partage de savoir
    Le but de la tablette : apprendre à son rythme, visionner des médias

    Le TBI peut être utilisé par : la classe, un groupe, un élève
    La tablette est utilisée principalement par : un élève

    Ce qu’on peut faire avec un TBI vs une tablette
    Le TBI atteint son plein potentiel lorsqu’utilisé pour : collaborer, discuter, visualiser, créer, partager.
    La tablette : lire, consommer des médias à son rythme, prendre des notes, faire des exercices, faire des examens (ajout de ma part : utiliser Internet et tout ce que ça permet à un individu).

    Exemples d’activités sur TBI : remue-méninges, mind mapping (cartes conceptuelles), trouver de l’inspiration, analyser, planifier, catégoriser, démontrer, sauvegarder, partager des résultats.
    Sur la tablette : lire, prendre des notes, regarder des vidéos, faire des exercices du style « glisser-déposer ».

    Rétroaction sur le travail à partir du TBI : de la part de l’enseignant, de la part des autres élèves, de façon automatique de la part d’une application.
    À partir de la tablette : uniquement de façon automatique de la part d’une application.

    Les objectifs pédagogiques visés sont différents. 
    L’intégration des deux outils dans une classe donne encore plus de possibilités à l’enseignant de passer d’une pédagogie de classe à une pédagogie de petits groupes à une pédagogie individuelle.

    Alors, comment créer pour l’un ou pour l’autre?
    Un défi pour les éditeurs est de créer du contenu qui convient spécifiquement pour l’un et pour l’autre, en complémentarité.

    Certains types de contenus conviennent bien :
    Aux deux supports indépendamment : texte, images, audio, vidéo, simulations, activités « glisser-déposer », diagrammes, widgets, etc.

    Particulièrement pour les TBI : activités visant à susciter la discussion, leçons modifiables, jeux questionnaires, activités de collaboration, objets d’apprentissage non contextualisés.

    Particulièrement pour les tablettes : beaucoup de texte (lecture), modèles de prise de note, feuilles de travail, pages d’activités structurées, jeux individuels, outils d’organisation personnelle.

    Pénétration dans le marché
    Par la suite, différentes statistiques sur les prévisions d’achat montrent que les TBI et tablettes se suivent en haut des listes d’intention d’achat, ainsi que dans le bas des listes de compression des budgets. Cependant, on rappelle effectivement que les TBI sont déjà bien implantés dans les classes, alors que les tablettes en sont à leurs débuts.

    Bien entendu, si vous avez besoin d’un coup de main pour cerner l’univers des TBI, vous êtes au bon endroit! Contactez-moi!

  • Des façons de traiter l’information en utilisant le TBI

    Capturer
    – Copier et coller des éléments provenant d’un autre logiciel (un tableau dans Word, un paragraphe d’un PDF, etc.);
    – Découper une partie d’un élément pour le mettre en valeur (outil capture à main levée).

    Mettre l’emphase
    – Utiliser une grande taille de caractère;
    – Utiliser la fonction « spotlight » pour masquer l’écran sauf une partie, ou encore le « crayon magique »;
    – Fonction « message de téléimprimante » défilant sur l’écran.

    Sauvegarder
    – Enregistrer les pages du document pour y revenir plus tard dans la période ou un autre jour;
    – Enregistrer les manœuvres au tableau sous forme de séquences;
    – Sauvegarder des éléments dans la bibliothèque de ressources.

    Annoter et modifier
    – Utiliser le crayon, parfois en plus d’autres outils comme les flèches et les lignes, pour ajouter de l’information à propos d’un texte ou d’une image existante;
    – Utiliser le surligneur;
    – Utiliser le déplacement d’objets pour rassembler des items et leur description;
    – Replacer du texte ou des images dans une séquence logique;
    – Exercices simples visant à cacher une partie d’un élément avec le crayon, puis révéler avec la gomme à effacer.

    Faire des liens
    – Faire un lien vers une autre page dans le document;
    – Faire un lien vers un fichier sur l’ordinateur (ex. : PowerPoint, Word, Excel);
    – Faire un lien vers un logiciel sur l’ordinateur (ex. : logiciel de carte conceptuelle, de montage vidéo, etc.);
    – Faire un lien vers une page Web.



    Traduction libre de : Beauchamp, G., Parkinson, J. (march 2005) Beyond the ‘wow’ factor: developing interactivity with the interactive whiteboard. Dans School Science Review, 86(316).

  • Retour sur la conférence TEDx Wilfrid-Bastien

    J’ai eu le plaisir d’assister à la conférence TEDx Wilfrid-Bastien le 29 février dernier. Organisée par Pierre Poulin et son équipe, c’est l’aboutissement de 10 ans de travail pour cet enseignant particulièrement inspirant. « Ce n’est pas toujours facile de provoquer le changement dans un milieu aussi statique que l’éducation, mais avec les bons alliés, ça devient possible. Éducation et innovation n’étaient pas des mots qu’on entendait souvent dans la même phrase, avant. » C’est ainsi qu’il a donné le coup d’envoi à la soirée qui a permis d’entendre 6 conférenciers tous plus intéressants les uns que les autres.

    Selon le principe des conférences TED, chacune invité a 18 minutes maximum pour véritablement changer le monde avec ses idées novatrices. L’assistance n’a pas droit aux questions. Les vidéos des conférences seront bientôt disponibles en ligne. Je vous indiquerai le lien ici.

    L’intervention d’Emmanuel Bernet
    Emmanuel Bernet est conseiller pédagogique au Lycée français de Shanghai, en Chine. Là-bas, il a implanté un modèle de iClasse comme il y en a à l’école Wilfrid-Bastien, à Montréal (CSPI). Également, il est l’auteur d’une thèse de doctorat dont il a partagé les conclusions. Il a été le premier conférencier de la soirée et le seul que je n’avais jamais entendu auparavant. Voici quelques notes que j’ai prises en vrac.

    Une variété de médias pour soutenir la motivation chez les jeunes
    Le manque de motivation chez les élèves commence dès la fin du primaire. D’ailleurs, la moitié des décrocheurs s’annoncent au primaire. Pourquoi? Une piste de réponse réside dans le contraste technologique entre l’école et la maison. Il y aurait de 50 à 60 % d’écart entre l’utilisation des TIC à la maison et à l’école. À l’école, TIC équivaut à Internet, un peu de PowerPoint, du traitement de texte et c’est bien souvent à peu près tout. Bernet suggère d’explorer la piste des effets d’une plus grande variété de médias à l’école.

    Des paradigmes différents utilisés au moment opportun pour mieux accompagner
    Dans le paradigme socioconstructiviste, l’enseignant travaille sur les processus mentaux et la perception de soi des élèves : comment ils apprennent, comment ils se sentent, leurs perceptions, la valeur qu’ils accordent à l’apprentissage. Il semblerait à cet effet que le fait de se préoccuper de la perception que les élèves ont de la tâche facilite la gestion de classe.

    Bernet croit cependant qu’un enseignant qui utilise une variété de paradigmes au moment opportun va pouvoir mieux accompagner les enfants.

    Voici un exemple de déroulement d’un projet tel qu’il le suggère :
    – Semaine 1 : Atelier dirigé par l’enseignant;
    – Semaine 2 : Atelier semi-dirigé;
    – Semaine 3 : Même notion, travaillée de façon autonome par les élèves.

    Les TICs en elles-mêmes ne favorisent pas la motivation ni le rendement. Tout cela dépend du contexte d’utilisation, incluant notamment le temps d’utilisation, le type de tâches offertes et l’expertise de l’enseignant.

    Chose certaine, l’utilisation des TICs commande un ajustement de paradigme : l’élève va désormais construire son apprentissage et non plus seulement écouter l’enseignant.

    Résultats de la thèse doctorale d’Emmanuel Bernet
    – Les TICs favorisent l’engagement affectif des élèves;
    – L’engagement comportemental change en augmentant pendant l’année (participation, bon comportement, diminution des comportements dérangeants)
    – L’engagement cognitif est cependant diminué : cela pourrait s’expliquer par le fait que les élèves n’ont pas toujours appris les stratégies appropriées pour utiliser efficacement les TICs (ex. : lorsqu’ils n’arrivent pas à effectuer une recherche fructueuse sur Internet, leur motivation descend).

    Le contexte idéal de classe : 4 ordis, 4 iPad, 4 iPod Touch, 1 iMac, 1 TBI, 1 projecteur. On oublie la notion de « laboratoire » partagé, on veut l’équipement dans la classe.

    Recommandations :
    – S’équiper de matériel récent et varié destiné à la classe et non au laboratoire;
    – Favoriser et former les enseignants dans différents modes d’intégration des TICs;
    – Diminuer le ratio d’élèves par classe;
    – Augmenter le soutien et les connaissances techniques des enseignants;
    – Encourager des projets pilotes comme la iClasse.

  • Mettre les points sur les "i"

    Avec la controverse qui a eu lieu hier autour des apparences de favoritisme quant au résultat de l’appel d’offre du ministère de l’Éducation concernant les tableaux interactifs, j’ai vu passer toutes sortes d’informations plus ou moins exactes. Depuis 2005 que j’oeuvre dans le monde des TBI, je vois toutes sortes de comparaisons plus ou moins approximatives entre les technologies, parfois même de la part des équipes chargées de soutenir les enseignants (eh oui, chers animateurs RÉCIT, vous êtes aussi parfois mal informés).

    Bref, ça me démange de mettre les points sur les « i » et de donner l’info exacte. Et je vous invite à compléter si le coeur vous en dit.

    Je suis plus particulièrement familière avec les technologies SMART Board et Activboard, donc je me concentrerai sur elles ici. Je suis disponible pour répondre à vos questions au meilleur de ma connaissance.

    Part de marché

    SMART a la plus grosse part de marché. La compagnie déclare sur son site que 47 % des TBI dans le monde sont des SMART Boards. Ce qu’on ne sait pas, c’est la part de marché dans le milieu scolaire exclusivement, et encore moins celle au Québec. Les estimations que l’on a : fin 2011, le revendeur de l’Activboard au Québec, Cylabe Interactif, estimait sa part à 45 % du marché scolaire. Cela nous permet de croire qu’avant l’appel d’offre, les deux étaient sensiblement nez à nez. SMART Technologies a fabriqué récemment son 2 millionième TBI. Promethean a fabriqué récemment son millionième Activboard. Promethean vend presque exclusivement au milieu scolaire. Ils sont donc probablement pas loin du nez à nez dans l’éducation.

    Coût d’acquisition

    Ça m’embête un peu d’entendre qu’un TBI, ça coûte 5000 $ « Oui mais il faut un ordinateur aussi. » D’accord, alors je vous dis qu’un billet d’avion en classe économique pour la France coûte 2500 $. « Quoi? Mais non, pas tant que ça! » Ah mais avez-vous pensé qu’à destination, il vous faut un hôtel? « Non, je vais habiter chez ma tante! » Et voilà, certains ont déjà un ordi, d’autres doivent effectivement en acheter un neuf. Donc un TBI n’implique pas automatiquement l’achat d’un ordinateur. Même chose pour le projecteur, quoi qu’ici, il vaut vraiment mieux investir dans un bon appareil à ultra-courte-focale pour minimiser l’ombre au maximum. Donc, un TBI de base, c’est moins de 3000 $ (avec le projecteur).

    Les SMART Boards ont la réputation d’être BEAUCOUP moins chers que les Activboards (mise à jour : sauf visiblement dans l’émission Dumont en parle hier, où on a dit : « En plus, ce sont les plus chers! »). C’est effectivement le cas, si on considère le modèle d’entrée de gamme des deux manufacturiers. Par contre, comparons pomme et pomme : ce qu’on aime du SMART Board, le fait qu’il soit tactile, est maintenant possible avec le nouveau modèle d’Activboard série 500. Prenons donc les deux marques en modèle 87 po, 2 utilisateurs, technologie tactile, avec haut-parleurs. Faites faire vos soumissions, vous n’en reviendrez pas…

    Durée de vie

    Je n’ai pas la prétention de connaître la durée de vie des produits. Je suis certaine que ça varie selon l’entretien et l’usage. J’ai entendu dire d’un revendeur qu’on parlait d’environ 5 ans (en tous cas, la garantie!). J’ai l’impression que c’est plus que ça, en général. Si vous avez des précisions ou expériences à ce sujet, j’aimerais vous entendre. A-t-on considéré cela dans l’appel d’offre? Ça risque de coûter cher dans 5 ans s’il faut déjà remplacer!

    Modules complémentaires

    À l’émission Dumont en parle, hier, on a affiché dans un tableau comparatif le fait que les SMART Boards n’ont pas de modules complémentaires, comme des boîtiers de réponse instantanée. Ce n’est pas vrai, SMART offre le système SMART Response, et Promethean offre ActiVote et ActivExpression.

    Bon, je continuerai une autre fois.

    Mise à jour (2 mars pm) :
    Une remarque vient de me faire bondir : dans cet article de Radio-Canada, on relate les propos de Josée Bouchard, présidente de la FCSQ, qui dit que les commissions scolaires adoptent le SMART Board car elles ont peur que les autres technologies ne répondent pas aux besoins pédagogiques. AYOYE! Je rappelle ici que Promethean a été fondée par des enseignants, et qu’elle travaille presque exclusivement pour le milieu scolaire. C’est vrai que c’est risqué de faire affaires avec eux…

    Mise à jour (13 mars am) :
    Une autre mise à jour. L’article Une ombre au tableau blanc dit « aucune étude indépendante n’existe pour justifier l’achat massif et rapide de TBI ». Il ne dit pas « qu’aucune étude n’a été réalisée sur l’impact des TBI ». Je vous propose de découvrir cette liste de références d’études sur les TBI, constituée par Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation.

  • Modèles théoriques en éducation des adultes : béhaviorisme et cognitivisme

    ANALYSE ET COMPARAISON DE MODÈLES THÉORIQUES EN ÉDUCATION DES ADULTES :
    LE BÉHAVIORISME ET LE COGNITIVISME

    Réalisé dans le cadre du cours THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE ET ÉDUCATION DES ADULTES à la Téluq.

    behacogniandrago

  • Hommage aux futurs tableaux interactifs poussiéreux…

    Je vous propose la lecture de l’excellent billet de Mario Asselin paru aujourd’hui sur le site du Voir. En tant qu’ancien directeur d’école, il en a beaucoup à dire sur la place des technologies à l’école.

    Dans ce qui semble être une décision pleine de bonnes intentions, le gouvernement du Québec a adopté un projet visant à équiper tous les enseignants d’un ordinateur portable et toutes les classes d’un tableau interactif. À première vue, c’est un plan qui devrait contribuer à favoriser l’utilisation des TIC à l’école.
    Lorsqu’on creuse un peu plus, on voit l’envers de la médaille. C’est le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) qui prendra les commandes pour les ordinateurs, et il partagera la tâche avec le Centre collégial de services regroupés (CCSR) pour les tableaux numériques. Suite à un appel d’offres, ils ont choisi leurs fournisseurs selon la loi du bas prix, réduisant encore plus le choix les principaux intéressés, les utilisateurs finaux.
    Comme le souligne Mario (désolée pour la familiarité, c’est que nous nous connaissons depuis quelques années!), on constate notamment que les écoles n’auront pas le choix de l’environnement pour leur ordinateurs, ce sera Windows uniquement, sans quoi elles ne recevront pas un sou.
    Au niveau des tableaux interactifs, même chose. Les établissements seront limités aux SMART Boards via le CCSR, et à quelques options de plus du côté du CSPQ. Qu’arrivera-t-il aux centaines d’écoles qui sont équipées d’autres technologies ou qui auraient besoin de modèles adaptés? Elles devront faire cavalier seul ou abdiquer pour leurs prochains achats.
    Depuis l’annonce du gouvernement, on a vu se démultiplier l’offre de fabricants de TBI pour qui le Québec devient tout à coup un marché intéressant… On ne se limite plus aux deux traditionnels compétiteurs qu’ont été SMART Technologies et Promethan avec son ActivBoard depuis plusieurs années. À ma connaissance, il y a au moins 5 marques différentes de tableaux disponibles au Québec (ActivBoard, SMART Board, eInstruction, Panaboard (Panasonic), EvoWB), sans compter les projecteurs interactifs (Epson, BenQ…) et les solutions TBI mobiles (Mimio, eBeam…).
    Je suis absolument d’accord avec Mario qui affirme que « L’école, les enseignants et les élèves méritent mieux que ces manoeuvres qui complexifient la vie de ceux qui ont bien d’autres choses à faire que de se battre pour obtenir les outils de travail de leur choix. »
    Moi qui travaille à aider les enseignants à tirer le meilleur parti de leur tableau interactif, je me retrouverai de plus en plus devant des gens qui auraient préféré choisir un autre outil de travail dans le cadre d’une mesure incitative au niveau des technologies. Par un « autre outil », j’entends bien sûr une autre marque de TBI, mais aussi tout autre matériel technologique.
    Je me désole déjà devant cette image future d’écrans blancs qui resteront blancs dans un coin de classe, jusqu’à en devenir poussiéreux, parce que les enseignants n’en veulent pas… Alors je redoublerai d’efforts pour tenter de leur en faire voir un bon côté, sachant très bien qu’autre chose aurait été tellement mieux.
    Peut-être verra-t-on naître un marché noir des TBI… « Je t’échange mon TBI contre un iPad! »