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  • Le TBI deviendra-t-il un dinosaure avant son temps?

    Une discussion du groupe de l’International Society for Technology in Education (ISTE) sur le site LinkedIn a récemment attiré mon attention. On s’y demandait si les tableaux blancs interactifs n’étaient pas déjà en voie d’extinction avec l’accessibilité grandissante des tablettes numériques pour l’éducation.

    Plusieurs ont défendu le TBI en comparant les coûts d’équipement d’une classe en tableau interactif versus en tablettes pour tous les élèves. Beaucoup se positionnent plutôt pour les tablettes du fait qu’elles sont un outil directement au service de l’élève.

    Ceux qui ont eu la chance de travailler à la fois avec un TBI et des tablettes constatent que le rôle du TBI dans la classe change. Il devient le médium de partage des découvertes faites par les élèves. Les équipes s’en servent pour expliquer leur démarche aux autres et peuvent interagir dessus comme elles le feraient sur leur tablette, mais à grande échelle. Tous peuvent participer. Également, l’enseignant peut agir dessus à son tour, épié par des dizaines de paires d’yeux à la fois.

    Après tout, il ne faut pas oublier que si l’on simplifie au maximum, un TBI est une tablette géante! À mon sens, ce changement du rôle du TBI constaté n’est en fait que la démonstration du rôle qu’il devrait avoir dans toutes les classes, équipées ou non en tablettes pour les élèves. Un médium de partage, un écran géant pour faciliter ce partage, un outil autour duquel on se rassemble pour manipuler, construire et apprendre ensemble.

    C’est là le défi que nous devons relever dans la formation des enseignants. En plus de leur apprendre à maîtriser la technique de l’outil, il faut les amener à voir comment celui-ci peut jouer un rôle prépondérant au quotidien et servir de point de rencontre et de partage.

  • TBI : L’importance de la formation

    Presque tous les enseignants qui voient un tableau blanc interactif arriver dans leur classe s’inquiètent de savoir s’ils sauront l’utiliser efficacement. La formation revêt un rôle essentiel. Si certaines commissions scolaires se sont dotées de structures de formation et de soutien pédagogique interne, ce n’est pas le cas partout.

    Le 21 novembre dernier, l’Infobourg publiait un article à ce sujet. D’entrée de jeu, on peut y lire : « Un tableau blanc interactif (TBI) est un bien mauvais investissement s’il n’est pas accompagné d’une formation permettant à l’enseignant d’adapter sa pédagogie, selon Nadine Tanguay, consultante pour le développement pédagogique des TBI à la Commission scolaire Chemin-du-Roy. »

    Elle déplore que, dans plusieurs écoles à travers la province, les enseignants reçoivent une formation technique afin de faire fonctionner l’outil, sans plus. Résultat : plusieurs vont tout simplement utiliser le tableau pour faire des présentations plus attrayantes, sous exploitant grandement le potentiel interactif du tableau. « Quand c’est bien utilisé, la dynamique du cours change du tout au tout. On peut toujours se retourner sur un dix sous pour montrer une chose d’une autre façon. L’élève peut aussi participer lui-même et utiliser une nouvelle stratégie qui lui convient mieux », mentionne-t-elle.

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  • La question de l’interopérabilité : où en sommes-nous?

    En tant que créatrice de matériel pédagogique pour TBI, je dois souvent répondre à la question posée par mes clients : « Quel est le format le plus utilisé? ». J’explique alors avec quelques chiffres liés au nombre d’unités installées par les fabricants dans les classes. Inévitablement, la question qui suit est : « N’y a-t-il pas un format qui fonctionne sur tous les tableaux? » Et la réponse est toujours oui, mais… Voici donc l’état des choses!

    À la base, chaque marque de tableau interactif vient avec un logiciel d’exploitation qu’on appelle « tébéiciel ». Évidemment, la plupart de ces logiciels ne lisent pas les fichiers créés par les autres, ce qui rend difficile le partage du matériel. Ceci dit, les principales marques réussissent tout de même à se décoder un tant soit peu!
    Il existe un format qui souhaite éventuellement devenir la solution. Le format Becta d’extension .iwb(aussi appelé Common File Format, ou CFF) est supporté par, à ma connaissance, ActivInspire pour ActivBoard, Notebook pour SMART Board, MimioStudio pour Mimio et Sankoré (et probablement plusieurs autres). Il reste que son utilisation est extrêmement limitée et limitative. Ce format mise sur les fonctionnalités qu’ont en commun la majorité des tébéiciels : annoter, ajouter du texte et des images, tracer des formes… Cependant, il ne peut partager les particularités de chacun qui permettent d’enrichir les activités. De plus, le logiciel avec lequel il a été créé et celui par lequel il sera importé influencent la qualité du résultat. Bien souvent, il faut repasser la leçon au complet pour refaire la mise en forme manuellement, ajouter les accents manquants, réparer les éléments interactifs. Bref, l’économie de temps est là pour le créateur certes, mais pas pour les utilisateurs finaux.
    L’autre porte de sortie est la création d’activités basées sur Internet, par exemple des animations Flash ou des applications en HTML5. On les intègre ensuite dans les situations d’apprentissages assistées par le TBI. Encore là, l’investissement de temps de la part de l’enseignant est plus considérable que lorsqu’on lui fournit un fichier compatible avec son tébéiciel accompagnant la situation d’apprentissage.
    Voici donc un tableau qui peut aider à guider les choix de développement de matériel pédagogique destiné à l’utilisation sur TBI, selon l’état actuel des choses et les moyens de l’éditeur :
    Investissement
    Format à privilégier
    Richesse des fonctionnalités
    Facilité d’utilisation
    Public à rejoindre
    Minimum. ($)
    Commun .iwb
    Minimale.
    Mode démonstration ou annotation seulement, plus difficile à justifier pédagogiquement.
    Faible.
    Demande un travail de reconstruction (mise en forme) du matériel de la part de l’enseignant avant de pouvoir l’utiliser.
    Très vaste en théorie, réservé à un groupe d’initié en pratique!
    Faible. ($$)
    Un format pour une marque spécifique de TBI.
    Maximale.
    Les activités peuvent être pensées et construites en fonction de les exploiter à leur meilleur.
    Excellente.
    Tous ceux qui possèdent la marque de tableau choisie.
    Moyen. ($$$)
    Les 2-3 formats de TBI les plus répandus.
    Très bonne.
    Les tébéiciels incluent des fonctions spéciales qui se retrouvent souvent dans tous les principaux formats.
    Excellente.
    Tous ceux qui possèdent l’une ou l’autre des marques de tableau choisies.
    Grand. ($$$$)
    Tous les formats présents sur un marché.
    Bonne.
    Il faudra probablement simplifier les activités pour s’assurer que tous les logiciels les reproduisent correctement.
    Excellente.
    Tous ceux qui possèdent un tableau (techniquement!).
    Très grand. ($$$$$)
    Format indépendant du TBI, en ligne, par exemple HTML5 ou Flash.
    Maximale.
    On peut faire faire tout ce qu’on veut à l’application.
    Il faut cependant supporter l’hébergement et la gestion des accès si l’application est payante.
    Très bonne.
    Il s’agit que l’utilisateur sache y coupler les outils d’annotation de son TBI, à moins qu’ils soient inclus directement dans l’application.
    Tout le monde, même ceux qui ne possèdent pas de TBI.
    N’hésitez pas à me contacter pour discuter de vos besoins et objectifs en tant qu’éditeur. 
  • Avec un tableau interactif : plus facile d’être un bon enseignant!

    Etats-Unis – Robert Marzano est un chercheur américain qui a beaucoup travaillé sur l’impact des tableaux blancs interactifs (TBI) dans les classes. L’une de ses conclusions : les trois quarts des enseignants utilisent plus naturellement les stratégies d’un bon enseignant en présence de l’outil! Les détails…


    Par Audrey Miller, paru le 14 juillet 2010 sur l’Infobourg

    Robert J. Marzano, chercheur renommé, co-fondateur et chef de la direction du Marzano Research Laboratory situé au Colorado, a étudié les effets sur l’enseignement et les élèves de la présence ou non de tableaux blancs interactifs.

    Ainsi, 85 enseignants et leurs 170 classes ont participé à l’étude qui leur demandait de donner le même contenu à certaines classes en utilisant un TBI, et à d’autres sans l’outil. Les résultats ont été publiés en novembre 2009.

    Un des éléments clés de sa recherche est que 3 enseignants sur 4 étaient plus efficaces avec un tableau interactif en classe, puisqu’ils démontraient alors les caractéristiques d’un bon enseignant en général : la leçon se déroule à un rythme approprié à la classe, ils construisent sur ce que les élèves savent déjà, ils utilisent de multiples formes de médias (textes, images, graphiques, etc.) pour transmettre de l’information, ils mettent l’emphase sur la participation des élèves, et ils se concentrent principalement sur le contenu – pas sur la technologie.

    Selon Marzano, ce sont des choses qu’un bon enseignant fait déjà sans la technologie. Cependant, il croit que la présence de du tableau interactif rend plus facile l’intégration de ces éléments de l’enseignement dans des matières variées et devant des élèves ayant des compétences et des habiletés différentes.

    Des gains spectaculaires pour les élèves sous certaines conditions
    Du côté des élèves, l’utilisation des tableaux interactifs a résulté d’un gain moyen de 16 points de percentile dans les résultats scolaires. De plus, trois cas particuliers sont à noter :
    – Les boîtiers de réponse instantanée : dans les classe où ils étaient utilisés et favorisaient la participation constante des élèves, les gains atteignaient 26 points de percentile.
    – L’utilisation de graphiques, images, vidéos et autres sources visuelles tirées par exemple d’Internet pour représenter l’information était aussi associée à un gain de 26 points de percentile chez les élèves.
    – L’interactivité des activités présentées aux élèves au tableau, comme déplacer des objets vers un endroit spécifique, reconnaître les bonnes réponses à l’aide d’un signal sonore, et révéler des informations cachées derrières des objets à un moment opportun sont des pratiques associées avec un gain de 31 percentiles.

    Malgré cela, près du quart des enseignants performait mieux sans le tableau interactif. L’étude a donc examiné les pratiques de ces enseignants de plus près :
    – Leur utilisation des boîtiers de réponse instantanée se limitait à noter combien d’élèves avaient répondu telle ou telle réponse, et non à faire un retour et à comprendre pourquoi certains avaient la mauvaise réponse.
    – Les supports visuels étaient montrés trop rapidement, sans laisser le temps aux élèves de bien les comprendre.
    – Les supports visuels étaient trop chargés, rendant difficile l’identification des éléments vraiment importants dans la leçon.
    – L’utilisation des confirmations sonores semblait plus pour le « spectacle » que pour le renforcement positif.

    En résumé, voici ce que le chercheur propose aux enseignants qui souhaitent intégrer avec succès le tableau interactif dans leur classe :
    – Il faut bien planifier comment on souhaite organiser l’information à présenter. Par exemple, grouper l’information en petits segments ayant un sens plutôt que présenter des pages trop remplies. Pour éviter de passer trop vite sur certaines pages, il suggère aussi d’insérer des pages rappelant de prendre son temps…
    – Il faut utiliser des supports visuels, mais ces supports doivent réellement servir la leçon et être en lien avec ce qu’on veut atteindre comme objectif.
    – Après avoir posé une question à laquelle les élèves ont répondu avec les boîtiers de réponse instantanée, il faut discuter de la bonne réponse et aussi du pourquoi des mauvaises réponses. Ainsi, on sort du simple quiz pour ajouter la dimension pédagogique.
    – Si on utilise des confirmations de réponse sonores, comme des applaudissements, il faut s’assurer qu’elles ne sont pas trop distrayantes et qu’elles soutiennent l’attention et la motivation des élèves.

    Les conclusions telles qu’exprimées par Robert Marzano peuvent être lues ici dans un article publié dans la revue Educational Leadership.

    Par Audrey Miller